
Vous serez accueillis par Marie-Victoire et Alberic de Coulange




L’abbaye de la Victoire est un lieu chargé d’histoire. Avant même que la première pierre ne fut posée, ce lieu magique fit son entrée dans la mémoire collective française grâce à Philippe Auguste. En 1214, le roi s’opposa à Othon IV, empereur du Saint-Empire romain germanique, lors de la bataille de Bouvines, véritable tournant dans l’histoire de France par le sentiment national qu’elle a fédéré. A quelques jours d’écart, son fils, le futur roi Louis VIII dit le Lion, se battit contre Jean-sans-Terre à La Roche aux moines. Père et fils sortirent vainqueurs de leurs conflits et Philippe Auguste, pour célébrer ce double triomphe, demanda au chancelier Guérin, son ami et l’évêque de Senlis, de fonder cette abbaye. Contrairement à la légende selon laquelle l’abbaye aurait été construite à l’endroit où les messagers des deux batailles se seraient rencontrés pour annoncer leurs victoires respectives, le lieu fut choisi par le chancelier Guérin.
La construction débuta en 1222 et après la mort de Philippe Auguste le 14 juillet 1223, Louis VIII fit continuer le chantier. L’abbaye Notre-Dame de la Victoire, placée sous l’égide de l’abbaye de Saint-Victor à Paris, vit le jour. Les deux abbayes entrèrent vite en conflit, les moines de la Victoire refusant l’autorité de celle de Saint-Victor et en 1287, ils obtinrent leur indépendance.
L’abbaye de la Victoire fut un lieu associé au pouvoir royal dès sa construction mais aucun roi n’y fut autant attaché que Louis XI. « L’universelle aragne », comme le surnommait son cousin Charles le Téméraire, est un roi très important de l’histoire de France, réputé pour avoir fortement consolidé le pouvoir royal et affaibli les noblesses régionales, notamment le puissant duché de Bourgogne. A la fois sournois et pieux, il vint régulièrement à l’abbaye de la Victoire pour y prier la Vierge, il y fit même construire un château royal qui fut détruit au siècle d’après par les moines pour restaurer l’abbaye avec les pierres.
La Victoire n’était pas seulement un lieu de prière pour Louis XI mais aussi un endroit où se jouait la politique du pays. François II de Bretagne, voyant son alliance avec le Téméraire et Édouard VI d’Angleterre échouer, et avec elle ses rêves d’indépendance, dut se résigner le 9 octobre 1475 à y signer le traité de la Paix de Senlis avec Louis XI.
D’autres personnages politiques importants de l’histoire de France sont venus à la Victoire, comme Henri IV, Richelieu ou encore Anne d’Autriche, pour laquelle un portail, qui existe encore aujourd’hui, à l’arrière de la maison des moines, fut construit.
Comme toutes les abbayes en France, les passages du temps laissèrent de lourdes marques sur la Victoire, notamment à cause de la guerre de Cent Ans et de la Commende. Si les dégâts matériels causés par la première semblent évidents, l’influence négative de la deuxième n’est pas à sous-estimer. Après le Concordat de Bologne en 1516, François Ier récupère le droit de nommer les abbés de monastères vacants, dit la Commende, en France. Les abbés commendataires étaient souvent des membres de la haute aristocratie, plus choisis par calcul politique que par piété. La vie spirituelle des abbayes fut grandement affaiblie par ce régime et la Révolution Française lui porta le coup de grâce. Après la Révolution, l’abbaye fut vendue le 23 avril 1791 comme bien national et séparée en 14 lots. L’abbaye connut plusieurs propriétaires, qui la détruisirent chacun un peu plus. En 1803, l’inspecteur des forêts de Senlis, Alexandre Legrand de la Grange, en fit l’acquisition et détruisit les deux ailes reliant la maison de l’abbé à l’église puis fit du bâtiment central un petit château. Le domaine changea de mains une dernière fois le 22 octobre 1819 lorsque le baron Mazeau, venu y séjourner l’été, l’acheta. Deux siècles plus tard, l’abbaye de la Victoire appartient encore à sa famille.
Informations pratiques
24 chemin de la Villemétrie – 60 300 Senlis
+33 (0)6 99 78 05 05 – victoiredecoulange@gmail.com
Thèmes
Abbaye/Prieuré
Historique
13ème/14ème siècles
17ème/18ème siècles




